Deux ans. C'est le temps qu'il m'a fallut pour que lancer cette série. Pour faire disparaitre la crainte de ne pas arriver à montrer ce que j'ai dans le ventre.
Deux ans. C'est le temps dont j'avais besoin pour me convaincre que je pouvais aussi, faire des images plus personnelles. Pour montrer ce qui fait ce que je suis.
Trois ans que je pratique la photo sur la confiance en soi, pour d'autres. C'est aussi le temps qu'il m'a fallut pour comprendre pourquoi, souvent, mon énergie s’affaiblissait sans raison apparente.
Il y a un équation étrange qui se crée, plus je rencontre de personnes et plus je suis fascinée par celles ci, plus je me sens seule. J'ai compris qu'au fil des rencontres, je m'attache à chaque personne qui croise ma route. Hommes et femmes, qu'ils soient client(e)s ou rencontres éphémères. Qu'à chaque rencontre, vous devenez comme l'ami que je n'ai pas vu depuis 10 ans. Je crois que plus le temps avance et plus le ressenti est fort. J'ai envie que les personnes se rappellent de notre rencontre, car je sais que je n'oublie jamais un moment passé avec quelqu'un, ni même les discussions que l'on a eu. Que je vous ai croisé pendant 1h ou 10 ans.
Et parfois, le soir après une journée à avoir croisé 4 à 5 personnes pour shooter, 4 à 5 histoires différentes, caractères différents, j'ai l'impression d'être vidée. Comme si en l'espace d'une heure, je donnais l'énergie de 5 ans de relation, qui en un claquement de porte se terminait.
Et j'ai compris que de rencontrer de nouvelles personnes me donnait de l’énergie, et m'en prenait tout autant. D'où cette série un peu sur l'attachement / détachement. Sur ces relations qui m'apportent très rapidement et disparaissent tout aussi vite, en laissant un vide quelque part. Une sorte de déchirure qui se referme avec de nouvelles rencontres. Quel cercle vicieux que celui des rencontres.

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